
Le jury s’est réuni lundi 5 décembre pour établir la sélection du Prix Artemisia 2012.
Rendez-vous le 9 janvier 2012 pour connaître la lauréate.
Le Prix sera décerné à La Hune le mardi 10 janvier à partir de 18h30 autour d’un buffet italien.
La Sélection Artemisia bénéficiera d’une vitrine du 4 au 12 janvier à La Hune.
Vieille fille excentrique, Ida parcourt toujours l’Afrique coloniale de la fin du XIXe. Déjouant les clichés sur l’exotisme, Chloé Cruchaudet
dévide avec malice le fil de ce voyage initiatique qui conduit
son héroïne à la cour du roi du Dahomey. Dépaysement garanti.
Une maison idéale gardée par un tigre géant; un fonctionnaire initié d’un coup de poële à frire à la sérénité; un homme, un vrai, dont les dents pointues l’empêchent d’embrasser; un mystérieux chauffeur
de bus et Petula Peet, dissimulant sa peur d’aimer derrière une improbable malédiction familiale. Un trait sûr et gracile chorégraphie ce mambo amoureux, sensuel, surréaliste. La vie telle qu’elle pourrait être.
Les trois sorcières ne marmonnent pas leurs sortilèges au fond de la forêt, elles sont juchées au point culminant de la piscine qu’elles
couvent en observant leur petit monde. Le complexe nautique comme un univers en soit, avec ses espaces végétaux infinis et leur respiration inquiétante, avec les «cuisseuses», ces nageuses qui ne s’arrêtent jamais, ses bassins remplis d’une faune dangereuse, et cette vieille au bonnet rouge qui va chaque jour lancer des carottes dans le grand bassin à la fureur du maître nageur. Un premier livre fantasque, émouvant, où se déploie un dessin dynamique et un sens de la dérision réjouissant.
Le 10 novembre 1995 Sybilline, étudiante âgée de 17 ans, est hospitalisée
pour syndrome dépressif majeur. Avec Sous l’entonnoir le Prix Artemisia salue une oeuvre, puissante, courageuse, talentueuse, qui en plus se termine sur une note optimiste : « Je pensais me perdre dans des dosages médicamenteux sans intérêt, mais non. Il y a de l’empathie, des constats justes... » écrit l’auteure à propos de son dossier médical. Magnifique!
Karine Bernadou, Canopée, éditions Atrabile
Histoires brèves et muettes formant un roman graphique, noir, blanc, rouge, Canopée passe d’une narration réaliste à la fantaisie la plus débridée. L’héroïne enfant, adulte, en fuite, en amour, ensauvagée, semble sans désir ni but. Allégorie glissant de drame en gag, ce troisième album de Karine Bernadou, illustratrice jeunesse et ex-lauréate Jeunes talents à Angoulême témoigne d’une forte originalité.
Comment comprendre Israel en 60 jours ou moins ou le compte-rendu,
sous forme BD, du premier séjour en Israel d’une jeune Américaine
(le Golan, le lac de Tibériade, Tel Aviv, le désert, Jérusalem...). Un sujet « chaud » que l’auteur traite avec intelligence, distance, humour et talent. Un glossaire et une chronologie en fin d’ouvrage.
Les Sauvages évoque la rencontre entre un botaniste de Prague et un indien du Paraguay en 1909. Qui est le sauvage ? Qui est le civilisé ? Histoire forte et actuelle, sur l’humanité de l’étranger. Le dessin est parfaitement lisible, la mise en couleurs adaptée au récit; un travail soigné, maîtrisé. Par une auteur tchèque reconnue dans son pays.
Joyce Farmer, Vers la sortie, éditions Actes Sud l’An 2
La vieillesse, la décrépitude, la dépendance... Joyce Farmer prend à bras le corps des sujets douloureux dans ce récit autobiographique du long accompagnement de ses parents vers la sortie. Sans concession, mais sans complaisance larmoyante. Une narration au scalpel, servie par les détails d’un dessin très fouillé et éclairée de touches d’humour.
Grande prêtresse de l’école de BD de Hambourg, Anke Feuchtenberger
reprend son personnage fétiche pour trois récits indépendants.
Confrontée à un homme de pouvoir puis à un autre qui refuse de la courtiser, la Putain P se perd dans un zoo et hante un bal désert. Les mots sont volontairement pauvres et rares, les images puissantes, symboliques,
énigmatiques.
Astrophysique, aéronautique, balistique, géologie…Avec humour et une salutaire distanciation la professeure Marion Montaigne répond aux questions que se posent aussi bien les enfants sages que les savants fous. Trash, geek et surtout bien informée cette dessinatrice a trouvé la bonne formule .Quelques touches légères à l’aquarelle agrémentent
ses dessins, saisis sur le vif. La rapidité du trait et la concision des mots font mouche.
la séduction, l’incompréhension entre les sexes. L’absence de paroles, le trait délicat, les couleurs pastel, les personnages à l’allure de pantins font un très bel objet et un support à la rêverie.
Relations médias
Sylvie Chabroux
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