vendredi 8 février 2013
dimanche 20 janvier 2013
Réponse de Chantal Montellier au sujet du prix artémisia 2013
Depuis la remise du prix artémisia à Jeanne Puchol, sur certains sites (BDSphère, bodoi...) les accusations de connivence vont bon train cherchant à décridibiliser ce prix 2013. Voici la réponse de Chantal Montellier, présidente de l'association.
On accuse le jury d’Artémisia, on m’accuse moi même de “connivence” , de “copinage”, de trahison de l’éthique, de la charte Artémisia. Jeanne Puchol à laquelle le prix fut attribué pour “Charonne Bou-Kadir” aurait été favorisée car co fondatrice du prix...
Sachez que, également cofondatrice d’Artémisia, je suis profondément fâchée avec Jeanne Puchol depuis plusieurs années. La rupture au sein du groupe s’est très mal passée. Le conflit est grave, pas réglé. La fracture ouverte. Le jury actuel n’a plus rien à voir avec le premier, aucun des membres actuels, à une seule exception, n’est ami avec Jeanne Puchol.
J’ai tout de même voté POUR son album car à mes yeux c’était tout simplement le meilleur: le mieux dessiné, le plus professionnel, le plus engagé, courageux, intelligent. Je peux développer, mais ça prendrait du temps et de l’espace.
Je suis, nous sommes un jury HONNETE, transparent. Nous ne sommes pas des magouilleurs. Si le travail de Jeanne Puchol a été reconnu c’est pour de VRAIES raisons. Nous avons pris le risque de nous retrouver sous le feu des critiques auxquelles, bien sûr, nous nous attendions, parce que nous ne voulions pas disqualifier un travail qui nous semblait le meilleur par peur de ces critiques. C’eut été un peu lâche. Nous assumons. J’assume. Bien à vous.
Chantal Montellier (pas vraiment une reine de la magouille, je crois).
PS: Michel-Edourd Leclerc n’est plus notre “mécène” depuis belle lurette. Il ne le fut que très brièvement.
Sachez que, également cofondatrice d’Artémisia, je suis profondément fâchée avec Jeanne Puchol depuis plusieurs années. La rupture au sein du groupe s’est très mal passée. Le conflit est grave, pas réglé. La fracture ouverte. Le jury actuel n’a plus rien à voir avec le premier, aucun des membres actuels, à une seule exception, n’est ami avec Jeanne Puchol.
J’ai tout de même voté POUR son album car à mes yeux c’était tout simplement le meilleur: le mieux dessiné, le plus professionnel, le plus engagé, courageux, intelligent. Je peux développer, mais ça prendrait du temps et de l’espace.
Je suis, nous sommes un jury HONNETE, transparent. Nous ne sommes pas des magouilleurs. Si le travail de Jeanne Puchol a été reconnu c’est pour de VRAIES raisons. Nous avons pris le risque de nous retrouver sous le feu des critiques auxquelles, bien sûr, nous nous attendions, parce que nous ne voulions pas disqualifier un travail qui nous semblait le meilleur par peur de ces critiques. C’eut été un peu lâche. Nous assumons. J’assume. Bien à vous.
Chantal Montellier (pas vraiment une reine de la magouille, je crois).
PS: Michel-Edourd Leclerc n’est plus notre “mécène” depuis belle lurette. Il ne le fut que très brièvement.
mardi 8 janvier 2013
Rendez-vous à La Hune le 9 janvier pour la remise du prix 2013
La lauréate du prix Artemisia 2013 est Jeanne Puchol pour son album Charonne-Bou Kadir aux éditions Tirésias.
Venez célébrer avec nous l'événement!
Venez célébrer avec nous l'événement!
lundi 17 décembre 2012
La Selection Artemisia 2013
PRÉSENTATION
«J’ai fait un rêve», moi aussi. J’ai rêvé d’une mixité
des genres, notamment dans le domaine des images, quelles soient ou non
narratives, de cinéma ou de bande dessinées.
C’est la décennie d’après 68 qui a amorcé un processus de
féminisation dans la création visuelle. C’est elle qui a eu le mérite
d’apporter quelques alternatives à la représentation dominante des sexes et
des rapports de sexe, à l’écran et ailleurs. C’est cette décennie qui a
permis de donner une voix à des personnages féminins différents des
traditionnelles maman, vamp et putain.
C’est seulement après 68 que certains noms de femmes ont
commencé à émerger. Un cinéma lié a ce qu’on ap- pellera dans les années
70 «le cinéma des femmes».
Par rapport à ce mouvement, la «bande dessinée des
femmes», elle, reste à faire, même si les années 70 l’ont aidée à
apparaître et à s’affirmer.
Aujourd’hui en France, si des talents féminins surgissent
chaque jour dans le 9e art, ils sont hélas encore trop souvent prisonniers des
représentations dominantes, comme on a pu, pendant cinq ans, en faire le
constat au sein d’Artémisia. À l’heure où nous sommes, l’imaginaire et les
images des femmes semblent toujours être à libérer, toujours à connaître
et reconnaître. Nous y travaillons car il nous semble que l’émancipation des
femmes passe aussi par la libération de leur imaginaire. Cela ne va certes pas
sans risque puisque, comme l’écrivait la trop obs- cure Marie Bashkirtseff,
artiste géniale morte prématurément : «La femme qui s’émancipe ainsi (par
la création artistique), surtout si elle est jeune et jolie, devient
immédiatement une créature singulière, remarquée, blâmée, toquée, et,
par conséquent, encore moins libre qu’en ne choquant pas les usages idiots de
la société.»
C’est contre ces «usages idiots», qui ne cessent pourtant de
se reproduire, que veut se battre Artémisia, placée sous le double patronage
de l’artiste caravagesque Artemisia Gentileschi et de la déesse des femmes,
Artémis, qui veille avec arc et flèches sur les zones de passage et, nous
l’espérons, sur celle-ci.
Chantal Montellier pour Artémisia
LA CHARTE DU JURY D’ARTEMISIA
Le jury du prix Artémisia resserre désormais sa sélection
en se concentrant sur des albums réalisés intégralement par une ou plusieurs
femmes.
. Il tient à insister sur la valeur de découverte du prix
et tendra à récompenser des auteures en début de carrière plutôt qu’à
consacrer des valeurs confirmées.
. Il conserve un principe de sélection annuelle, de janvier
à décembre inclus.
. Il annonce une liste d’une dizaine d’albums autour du 10
décembre.
. Le prix Artémisia est proclamé le 9 janvier, date
anniversaire de la naissance de Simone de Beauvoir, et remis quelques jours
plus tard.
LA SÉLECTION 2013

CHARONNE-BOU KADIR de Jeanne Puchol . éditions Tiresias- Le massacre du métro Charonne en 1962, replacé dans le contexte des deux dernières années de la Guerre d’Algérie (du referendum sur l’autodétermination à la signature des Accords d’Evian), est res- titué par Jeanne Puchol avec force, rigueur et tact. Le noir et blanc renforce le reportage, la fiction n’empêche pas la documentation. Un des meilleurs albums de Puchol.
DESSOUS de Leela Corman . Cà & Là
À l’orée du siècle dernier, dans le quartier juif de New
York, les femmes ont bien peu d’emprise sur leur vie. Fanya et Esther, deux
sœurs jumelles qui grandissent dans une boutique de dessous fé- minins vont
suivre des chemins opposés. Fanya milite pour l’avortement, Ester devient
prostituée, femme entretenue, puis reine de la scène. Deux destins aussi
puissants que le trait noir et dansant de l’auteur.
EN SILENCE d’Audrey Spiry . KSTR
Cet album prouve que la bande dessinée est bien un art et
pas seulement une narration où l’image serait un véhicule secondaire. Nous
saluons ici ce travail artistique et ces images qui voguent au fil d’une
journée de canyoning agitée. Si le couple formée par Juliette et Luis risque
de ne pas survivre aux remous de la rivière (et des sentiments), le talent
d’Audrey, lui, en sort sublimé.
EUCLIDE de Cecily . Même pas mal
En une case par page, Euclide joue sur les décalages sur-
réalistes, rendant hommage à la ligne claire et aux BD des années 40, que
Cecily a découvert en lisant Dick Tracy. Un premier tome abouti où l’on suit la trajectoire d’Euclide
qui cristallise tout ce que l’homme peut faire de pire à une femme. De la
femme objet à la femme au foyer, de la mère à la putain, la dessinatrice reprend
à son compte un com- bat féministe hélas encore d’actualité.
JE SUIS BOURRÉE MAIS JE T’AIME QUAND MÊME d’Anaïs Blondet
. Onapratut
Jour et nuit, quelque soit l’heure, l’héroïne de ces
petits mo- ments de vie est bourrée comme un coing. C’est son seul plaisir,
car les mecs ne se bousculent pas dans sa vie et comme l’alcool rend moche, ça
ne s’arrange pas. Sur cette trame trash et d’une rare auto- flagellation, Anaïs
Blondet a fait un petit album décapant et à contrepied de la mode : une BD
«girly qui vomit», ça fait du bien quand le «girly» fait vomir.
LA GESTE D’AGLAÉ d’Anne Simon . Misma
Tout droit sortie de l’album Sergent Pepper’s des Beatles,
Anne Simon s’inspire de Being for the Benefit of Mr Kite! pour camper l’univers
onirique où se joue sa Geste d’Aglaé. Avec humour, les personnages valsent
entre raison et passions. Aglaé, tour à tour, femme abusée, mariée de force, reine toute puissante,
amoureuse et mère soumise joue l’héroïne de cette comédie humaine et
féministe.
LA PETITE PESTE PHILOSOPHE de Vanna Vinci . éditions
Marabulles
Vanna Vinci, Un Quino au féminin? Mais la gamine a les
dents plus pointues que Mafalda. On ne pouffe pas à chaque vignette mais on apprécie l’esprit grinçant. Une petite fille pas
infantile, ça change des adultes qui les sont trop souvent. Avant même de
naître la “peste” semble avoir tout compris du monde où elle débarque, sinon
pourquoi vouloir ne sortir du ventre de sa mère qu’en présence de son avocat?
LA RONDE de Birgit Weyhe . Cambourakis
Au principe du récit-tourniquet mis en œuvre par Schnitzler
dans sa célèbre pièce éponyme,BirgitWeyhe ajoute celui d’une traversée du
siècle. Entre 1917 et 2011 se succèdent des portraits d’hommes et de femmes
reliés par une médaille de baptême accrochée à une chaîne. En dépit de
cadrages un peu répétitifs, le récit intéresse de bout en bout et surprend
par de belles trouvailles graphiques.
LE LIVRE DES NUAGES de Fabienne Loodts . Warum
Du beau roman de Chloe Aridjis, Fabienne Loodts traduit avec
beaucoup de sensibilité le côté anxiogène du séjour de la jeune Mexicaine
Tatiana à Berlin. Entre deux âges, entre deux nuances de gris, entre deux
hommes – un vieil érudit qui revisite le doulou-
reux passé de la ville et un jeune métérologue amoureux
du ciel –, la jeune femme se laisse dériver et nous fait partager sa
mélancolie urbaine.
LES FILLES DE MONTPARNASSE de Nadja . Olivus
Fin XIXe. Quatre femmes, artistes sont confrontées à la domination
masculine. Derrière la fiction, on devine Camille Claudel ou Yvette Guilbert.
Dans ce premier tome, Amélie sauve un écrivain d’une crise d’inspiration – et
s’en trouve récompensée par son «licenciement». Mais ces quatre-là ont de
l’énergie à revendre – tout comme Nadja, dont l’art dynamique contraste avec
l’atroce des situations.
TU MOURRAS MOINS BÊTE T.2 de Marion Montaigne . Ankama
Avec ce deuxième opus du savoureux Tu mourras moins bête,
issu de son blog, Marion Montaigne et son avatar le professeur Moustache
s’attaquent au corps humain, ses mystères et ses misères. Tout ce que vous
avez toujours voulu savoir sur l’anatomie, les virus et bactéries, servi par
un dessin et des commentaires hilarants qui n’en dissimulent pas moins une
approche scientifique documentée et sérieuse.
dimanche 13 mai 2012
Judith et Holopherne version XXIème siècle
Réinterprétation contemporaine par Chantal Montellier de la célèbre toile d'Artémisia Gentileschi, Judith décapitant Holopherne (1612-1613), actuellement exposée au musée Maillol à Paris.
mercredi 14 mars 2012
Le magazine numérique BDSphère parle d'Artemisia

Le numéro 7 du magazine BDSphère intitulé "Au nom de la Femme" paru le 8 mars dernier consacre un numéro spécial à l'occasion de la journée internationale des femmes.
Dans ces pages on retrouve des articles consacrées aux pionnières de la BD féminine avec Claire Bretécher et Ah!Nana un magazine réalisé par et pour les femmes entre 1976 et 1978. Une expérience unique dans l'histoire de la bande dessinée.
L'association Artémisia est à l'honneur avec les chroniques des anciennes Lauréates avec La lionne, le dernier album de Laureline Mattiussi et Vertige de Lisa Mandel et Hélène Georges.
En prime, un éclairage et un hommage à Olympe de Gouges, figure révolutionnaire et féministe à l'occasion de la sortie de la biographie réalisée par Catel et José-Louis Bocquet.
Avec l'autorisation de l'équipe de BDSphère nous reproduisons ici le contenu de certains de ces articles.
Ci-joint l'édito écrit par Lucie Servin
Femme debout ! A l’occasion de la journée internationale des femmes, BDSphère célèbre les créatrices du monde de la BD. Malgré une féminisation progressive et croissante, les auteures ne représentent que 10% de la production. Mais parce qu’il serait absurde de dresser les sexes les uns contre les autres, mettre en lumière la création au féminin est surtout une nécessité pour la construction et la promotion d’un imaginaire mixte. La position de la femme interroge la société et mérite sans cesse d’être questionnée au regard de l’égalité et de l’émancipation qui constituent les piliers de la démocratie en France, en Europe et dans le monde. La création relève d’un droit à l’expression fondamental et universel. La démarche n’est pas stigmatisante, car les deux sexes se complètent et s’affirment dans l’universalité. Les préjugés sommeillent et se réveilleront rapidement si la vigilance baisse. Nous protégeons les acquis et armons le futur en rendant hommage à celles qui refusent de rentrer dans les cases hormis celles qu’elles dessinent dans leur imagination.
www.bdsphere.fr
Le militantisme artémisien

L’association Artémisia lance un appel militant à l’occasion de la journée internationale des femmes. Depuis 2008, chaque année le 9 janvier, date anniversaire de la naissance de Simone de Beauvoir, le Prix Artémisia récompense une jeune auteure de bande dessinée. La grande artiste de la Renaissance italienne Artémisia Gentileschi (1), à qui ce prix rend hommage, a été une des premières peintres reconnues de son temps à porter un point de vue féminin sur des thèmes picturaux réservés alors aux pinceaux masculins. Un patronage signifiant pour ce prix féminin de la BD. N’en déplaise aux détracteurs, qui déclinent selon le vieil adage de l’arroseur arrosé une vision stigmatisant la discriminée discriminante. Lutter contre la discrimination passe par la valorisation des différences. Car revendiquer l’imaginaire et la création au féminin est un impératif dans une société où seul le succès fait office de reconnaissance. En plus des sélections qui offrent un éclairage nouveau sur les parutions, les cinq lauréates brillent non par leur sexe, mais par leur talent et leur originalité, depuis Johanna Schipper (Nos âmes sauvages, 2008), Tanxxx et Lisa Mandel (Esthétique et filatures, 2009), Laureline Mattiussi, (L’île au poulailler, tome 1, 2010), Ulli Lust (Trop n’est pas assez, 2011), Claire Braud (Mambo, 2012). Des albums salués pour leur audace, à contre courant d’une BD commerciale et “girly” qui véhicule et conforte des stéréotypes d’un autre âge.
(1) Le musée Maillol, à Paris consacre une exposition à Artémisia Gentileschi du 14 mars au 15 juillet 2012.
Lucie Servin pour bdsphere.fr
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