Vient de paraître en Italie un livre, aux éditions Tunué, sous le titre:
Le donne del fumetto
L’altra metà dei comics italiani: temi, autrici, eroine al femminile
Soit : Les femmes de la bande dessinée. L’autre moitié de la BD italienne : thèmes, auteures et personnages au féminin.
C'est écrit par trois femmes : Eleonora Guzzetta – Samanta Zaghini – Sara Zanatta.
dimanche 1 novembre 2009
mardi 6 octobre 2009
vendredi 11 septembre 2009
La rentrée d'Artémisia
Artémisia se veut apolitique, mais résolument solidaire des talents féminins, notamment de ceux en difficultés en raison du sexisme et des représentations dominantes (andro-centrées trop souvent). En situation de faiblesse sociale, donc facile à rabaisser, manipuler, exploiter, ignorer, humilier, piétiner...
Une phrase de Rimbaud est gravée sur notre blason, la voici:
“Quand sera brisé l’infini servage de la femme, quand elle vivra pour elle et par elle, l’homme - jusqu’ici abominable - lui ayant donné son renvoi, elle sera poète, elle aussi! La femme trouvera de l’inconnu! Ses mondes d’idées différeront-ils des nôtres? Elle trouvera des choses étranges, insondables, repoussantes, délicieuses; nous les prendrons, nous les COMPRENDRONS”.
Arthur Rimbaud
La question de l’imaginaire féminin et de ses représentations, de sa part et de sa place, en fonction des origines sociales des artistes est donc, depuis la première seconde, au cœur du projet d’Artémisia dont le nom de baptême est emprunté à celui d’Artémisia Gentilleschi, première femme artiste répertoriée dans l’histoire de l’art, et qui paya le prix fort pour sa liberté et son talent (viol, procès, tortures, humiliations publiques, humiliations sexuelles, etc...).
Artémisia survécut au pire et devint une assez fine politique, ce qui lui permit de peindre jusqu’à un âge avancé.
Pour finir, quelques phrases tirées d’un livre de Pierrette Fleutiaux que je vous recommande: La saison de mon contentement, dans lequel il est question du rôle du féminin dans la course à la présidentielle.
- “Ce qu’il ne pouvait supporter c’est qu’une femme marche sur son territoire mental”
P. 321
- “La maison du féminin est au bout d’un si long chemin, cachée par tant de brouillards, et sur le chemin tant de fausses maisons apparaissent qui ne révèlent que des façades, ou s’effacent comme des mirages, des maisons murées qui n’ont ni porte ni fenêtre, des maisons bien meublées et aucun meuble n’a la bonne taille, des maisons pièges, et des maisons qui se défont sans crier gare.
Les femmes vont de maison en maison, s’installent dans l’une ou l’autre, bon gré mal gré font avec ce qu’elles trouvent. C’est incroyable tout ce qu’elles arrivent à faire dans ces maisons qui ne sont pas celles de leur être, elles peuvent tisser de la vie, dans le moindre recoin qui s’y prête, elles peuvent âprement défendre ce bien qu’elles ont trouvé, elle peuvent tourner le dos à ceux qui leur désignent des issues, elles continuent à tisser de la vie.
O mes tisseuses, je ne sais que penser de vous; je suis chacune de vous, je suis l’être aux mille maisons, dont aucune n’est celle de son être, je suis l’être qui cherche sa maison."
P. 314
Artémisia sera t-elle ma maison?
La vôtre à toutes (et à ceux qui nous aident) ?
Je l’espère.
Pour Artémisia
Chantal Montellier
Une phrase de Rimbaud est gravée sur notre blason, la voici:
“Quand sera brisé l’infini servage de la femme, quand elle vivra pour elle et par elle, l’homme - jusqu’ici abominable - lui ayant donné son renvoi, elle sera poète, elle aussi! La femme trouvera de l’inconnu! Ses mondes d’idées différeront-ils des nôtres? Elle trouvera des choses étranges, insondables, repoussantes, délicieuses; nous les prendrons, nous les COMPRENDRONS”.
Arthur Rimbaud
La question de l’imaginaire féminin et de ses représentations, de sa part et de sa place, en fonction des origines sociales des artistes est donc, depuis la première seconde, au cœur du projet d’Artémisia dont le nom de baptême est emprunté à celui d’Artémisia Gentilleschi, première femme artiste répertoriée dans l’histoire de l’art, et qui paya le prix fort pour sa liberté et son talent (viol, procès, tortures, humiliations publiques, humiliations sexuelles, etc...).
Artémisia survécut au pire et devint une assez fine politique, ce qui lui permit de peindre jusqu’à un âge avancé.
Pour finir, quelques phrases tirées d’un livre de Pierrette Fleutiaux que je vous recommande: La saison de mon contentement, dans lequel il est question du rôle du féminin dans la course à la présidentielle.
- “Ce qu’il ne pouvait supporter c’est qu’une femme marche sur son territoire mental”
P. 321
- “La maison du féminin est au bout d’un si long chemin, cachée par tant de brouillards, et sur le chemin tant de fausses maisons apparaissent qui ne révèlent que des façades, ou s’effacent comme des mirages, des maisons murées qui n’ont ni porte ni fenêtre, des maisons bien meublées et aucun meuble n’a la bonne taille, des maisons pièges, et des maisons qui se défont sans crier gare.
Les femmes vont de maison en maison, s’installent dans l’une ou l’autre, bon gré mal gré font avec ce qu’elles trouvent. C’est incroyable tout ce qu’elles arrivent à faire dans ces maisons qui ne sont pas celles de leur être, elles peuvent tisser de la vie, dans le moindre recoin qui s’y prête, elles peuvent âprement défendre ce bien qu’elles ont trouvé, elle peuvent tourner le dos à ceux qui leur désignent des issues, elles continuent à tisser de la vie.
O mes tisseuses, je ne sais que penser de vous; je suis chacune de vous, je suis l’être aux mille maisons, dont aucune n’est celle de son être, je suis l’être qui cherche sa maison."
P. 314
Artémisia sera t-elle ma maison?
La vôtre à toutes (et à ceux qui nous aident) ?
Je l’espère.
Pour Artémisia
Chantal Montellier
dimanche 12 juillet 2009
Traits féminins
La BD belge au féminin pluriel
Artémisia aime bien cet humour...
Point de vue
La dignité de l'homme exige qu'il porte la burqa, par Pierrette Fleutiaux
LE MONDE | 04.07.09 | 14h28
Si j'étais un homme pieux, voici ce que je proposerais. La femme est un être faible, soumis à toutes les tentations, nous le savons depuis la nuit des temps. Elle est concupiscente, tout entière la proie de pulsions condamnables. Son corps aspire à celui de l'homme, la société doit maîtriser ce corps, dès son plus jeune âge. La burqa peut sembler une réponse appropriée. Contraindre les mouvements de la femme, la ramener à la modestie, encadrer les désirs sauvages qui lui sont naturels, qui troublent son esprit et corrompent la société, relève du devoir de l'homme respectueux de l'ordre divin.
Cependant, peut-être avons-nous fait erreur non pas dans l'interprétation de la loi divine, mais dans les moyens de la mieux appliquer. En effet, les yeux de la femme, même derrière un grillage, même dans la fente du niqab, restent libres. La vision périphérique en est certes limitée, mais la perversité naturelle de la femme lui fera trouver le moyen de contourner ce léger handicap. La femme en burqa continue de voir. On imagine quelles turpitudes alors peuvent agiter son esprit. Cachée sous son voile intégral, la femme peut encore se livrer à la débauche mentale.
Une solution serait de l'aveugler totalement, par le moyen d'un bandeau ou tout autre moyen non cruel mais efficace. Cette solution est à écarter : la femme ne pourrait plus en effet accomplir les tâches auxquelles la destine sa condition subalterne : nourrir l'homme et ses fils, conduire les fils de l'homme à l'école, et faire toutes choses qui dégagent l'homme des tâches matérielles, facilitent l'exercice de son vouloir et son étude des textes sacrés.
Je soumets ici une modeste proposition à mes frères. Que les hommes portent la burqa, qu'ils s'approprient ce vêtement que dévoie trop facilement la femme. L'homme est beau, l'homme est la création première de Dieu, la femme le désire indécemment. Ne lui donnant pas la liberté de convoiter, ne tentons pas sa faible nature.
Voyez l'homme derrière lequel marche la femme en burqa. Même voilée, justement parce que voilée, elle a toute licence de contempler les bras que montrent les chemisettes d'été, les pieds dans les sandales, les fesses agiles et les jambes qui se devinent sous les pantalons, les poitrines mâles et les visages nobles. L'homme croit avoir mis la femme à l'abri de tout danger dans sa prison portative de la burqa. En réalité, il lui accorde une liberté scandaleuse.
L'homme en burqa brisera net l'élan pervers de la femme. Ces yeux brillants, qui transpercent le voile le plus épais, se heurteront à un mur. Ainsi privée dans la journée, elle n'en sera dans sa maison que plus portée à répondre aux besoins sexuels légitimes de son époux.
Que la femme aille dans la rue dans les atours aguicheurs qu'elle ne manquera pas de se choisir. Son regard s'épuisera sur les autres femmes, elle y verra comme dans un miroir sa propre indécence, sa futilité même la détournera de toute compétition malsaine avec l'homme. Quant à cette exposition de la féminité, elle ne saurait nuire à l'homme. Il s'y verra conforté dans son incontestable supériorité. Il saura, dans les autres burqas, reconnaître les hommes pieux et respectueux de la loi, et ainsi renforcera nécessairement la belle et indispensable communauté masculine.
ORDRE DIVIN
Repoussons cette croyance absurde qu'il faudrait voiler les femmes pour que les hommes ne soient pas portés à désirer celles d'autrui. Une telle croyance est mécréante : elle accrédite l'idée que l'homme a été créé libidineux, violeur par nature et faible devant ses désirs. Et que, devant toute femme passant sous ses yeux, s'éveille aussitôt en lui la pulsion de lui sauter sur le râble pour consommer l'oeuvre de chair. L'homme a en lui la force de l'âme et le respect naturel de l'ordre divin. L'homme n'a rien à craindre des misérables appâts de la femme.
Enfin, reconnaissons qu'il y a grand danger à abandonner les fils de l'homme aux soins de la femme. Son faible entendement ne peut que leur nuire. A l'homme de prendre en charge l'homme dans le nourrisson, à lui de le langer, le nourrir, le soigner. Une fois sa tâche reproductive accomplie, que la femme dirige ses agissements erratiques vers l'extérieur, qu'elle s'en aille piailler dans les assemblées publiques, mais que ses miasmes ne corrompent plus le foyer sacré de l'homme. La dignité de l'homme exige qu'il porte la burqa. La burqa est faite pour l'homme.
Ecrivaine
Pierrette Fleutiaux
La dignité de l'homme exige qu'il porte la burqa, par Pierrette Fleutiaux
LE MONDE | 04.07.09 | 14h28
Si j'étais un homme pieux, voici ce que je proposerais. La femme est un être faible, soumis à toutes les tentations, nous le savons depuis la nuit des temps. Elle est concupiscente, tout entière la proie de pulsions condamnables. Son corps aspire à celui de l'homme, la société doit maîtriser ce corps, dès son plus jeune âge. La burqa peut sembler une réponse appropriée. Contraindre les mouvements de la femme, la ramener à la modestie, encadrer les désirs sauvages qui lui sont naturels, qui troublent son esprit et corrompent la société, relève du devoir de l'homme respectueux de l'ordre divin.
Cependant, peut-être avons-nous fait erreur non pas dans l'interprétation de la loi divine, mais dans les moyens de la mieux appliquer. En effet, les yeux de la femme, même derrière un grillage, même dans la fente du niqab, restent libres. La vision périphérique en est certes limitée, mais la perversité naturelle de la femme lui fera trouver le moyen de contourner ce léger handicap. La femme en burqa continue de voir. On imagine quelles turpitudes alors peuvent agiter son esprit. Cachée sous son voile intégral, la femme peut encore se livrer à la débauche mentale.
Une solution serait de l'aveugler totalement, par le moyen d'un bandeau ou tout autre moyen non cruel mais efficace. Cette solution est à écarter : la femme ne pourrait plus en effet accomplir les tâches auxquelles la destine sa condition subalterne : nourrir l'homme et ses fils, conduire les fils de l'homme à l'école, et faire toutes choses qui dégagent l'homme des tâches matérielles, facilitent l'exercice de son vouloir et son étude des textes sacrés.
Je soumets ici une modeste proposition à mes frères. Que les hommes portent la burqa, qu'ils s'approprient ce vêtement que dévoie trop facilement la femme. L'homme est beau, l'homme est la création première de Dieu, la femme le désire indécemment. Ne lui donnant pas la liberté de convoiter, ne tentons pas sa faible nature.
Voyez l'homme derrière lequel marche la femme en burqa. Même voilée, justement parce que voilée, elle a toute licence de contempler les bras que montrent les chemisettes d'été, les pieds dans les sandales, les fesses agiles et les jambes qui se devinent sous les pantalons, les poitrines mâles et les visages nobles. L'homme croit avoir mis la femme à l'abri de tout danger dans sa prison portative de la burqa. En réalité, il lui accorde une liberté scandaleuse.
L'homme en burqa brisera net l'élan pervers de la femme. Ces yeux brillants, qui transpercent le voile le plus épais, se heurteront à un mur. Ainsi privée dans la journée, elle n'en sera dans sa maison que plus portée à répondre aux besoins sexuels légitimes de son époux.
Que la femme aille dans la rue dans les atours aguicheurs qu'elle ne manquera pas de se choisir. Son regard s'épuisera sur les autres femmes, elle y verra comme dans un miroir sa propre indécence, sa futilité même la détournera de toute compétition malsaine avec l'homme. Quant à cette exposition de la féminité, elle ne saurait nuire à l'homme. Il s'y verra conforté dans son incontestable supériorité. Il saura, dans les autres burqas, reconnaître les hommes pieux et respectueux de la loi, et ainsi renforcera nécessairement la belle et indispensable communauté masculine.
ORDRE DIVIN
Repoussons cette croyance absurde qu'il faudrait voiler les femmes pour que les hommes ne soient pas portés à désirer celles d'autrui. Une telle croyance est mécréante : elle accrédite l'idée que l'homme a été créé libidineux, violeur par nature et faible devant ses désirs. Et que, devant toute femme passant sous ses yeux, s'éveille aussitôt en lui la pulsion de lui sauter sur le râble pour consommer l'oeuvre de chair. L'homme a en lui la force de l'âme et le respect naturel de l'ordre divin. L'homme n'a rien à craindre des misérables appâts de la femme.
Enfin, reconnaissons qu'il y a grand danger à abandonner les fils de l'homme aux soins de la femme. Son faible entendement ne peut que leur nuire. A l'homme de prendre en charge l'homme dans le nourrisson, à lui de le langer, le nourrir, le soigner. Une fois sa tâche reproductive accomplie, que la femme dirige ses agissements erratiques vers l'extérieur, qu'elle s'en aille piailler dans les assemblées publiques, mais que ses miasmes ne corrompent plus le foyer sacré de l'homme. La dignité de l'homme exige qu'il porte la burqa. La burqa est faite pour l'homme.
Ecrivaine
Pierrette Fleutiaux
lundi 29 juin 2009
"Les femmes peinent à percer les bulles"
Christophe Cassiau-Haurie propose un article intitulé "Les femmes peinent à percer les bulles" sur le site "africultures". Autour du succès des trois tomes Aya de Yopougon, création de Marguerite Abouet, scénariste ivoirienne et membre du jury de l’association Artémisia, l’auteur de l’article s’intéresse aux bandes dessinées faites par des femmes africaines. Le contenu de cet article est accessible ici.
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